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Séance photos pour « Au fil de l’info » de la CCPF

Le 21 février 2023, j’ai été pris en photo par Philippe Noisette et une personne chargée de la rédaction d’un sujet pour le magazine local, « Au fil de l’info », sur l’éco-pâturage communautaire.

Corinne Picard de la CCPF (Communauté de Communes du Pays Fléchois) était conviée à la conférence de presse qui a eu lieu le mardi 7 février 2023 à la salle des fêtes de La Fontaine-Saint-Martin (72). Elle voulait revenir pour faire des photos et me poser des questions.

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La couverture du magazine « Au fil de l’info » distribué au sein de la Communauté de Communes du Pays Fléchois (14 communes)

Un shooting photos au milieu de mes brebis

C’est quelques jours plus tard, à la fin du mois de février, un mardi matin, dans le froid et l’humidité environnants que nous nous sommes retrouvés, avec un photographe local, Philippe Noisette.

Chèvres des fossés à la Flèche
© Philippe NOISETTE

L’objectif de ce shooting photographique était de pouvoir réaliser un article complet pour le magazine de la Communauté de Communes du Pays Fléchois, pour informer les habitants du projet de l’éco-pâturage, mais également des enjeux environnementaux qui ont lieu.

Ce shooting photos a été l’occasion de pouvoir mieux préciser le projet, car bien souvent, les articles de presse informent de l’intérêt des collectivités, mais les particuliers, les professionnels et les associations sont tout autant de cibles potentielles pour Écopattes. C’est très important pour moi que les choses soient dites.

Je vous laisse avec quelques photos très réussies de la part du photographe.

Landes de bretagne
© Philippe NOISETTE

 

Petit rappel : Écopattes propose de l’éco-pâturage sur la Sarthe

La ferme propose des solutions d’éco-pâturage à des communes locales, des entreprises situées sur le territoire et ne ferme pas la porte aux particuliers, bien au contraire.

Pierre Giroux et un agneau Ouessant tout juste né !
© Philippe NOISETTE

L’éco-pâturage présente de multiples avantages, comme celui de laisser la nature s’exprimer comme il le faudrait. En pâturant, les animaux vont préserver la faune et la flore car ils vont rejeter leurs graines dans leurs excréments. C’es une solution bien plus douce et plus agréable pour le sol (pas de machines lourdes qui viennent le tasser. Les brebis, les chèvres et les poneys mini-Shetland sont des animaux parfaitement adaptés pour le territoire (races locales comme le Landes de Bretagne, le mouton d’Ouessant et la Chèvre des  et entretenir des espaces verts.

Qu’est-ce que l’éco-pâturage ?

L’éco-pâturage est un terme très à la mode, il est vrai. La conséquence est inévitable : on l’utilise pour tout et n’importe quoi.

De ce fait, qu’est-ce que réellement l’éco-pâturage ? Comment peut-on définir cette manière d’entretenir nos paysages ?

Définition de l’éco-pâturage

L’éco-pâturage est une méthode de gestion des espaces verts et des terrains ouverts qui consiste à utiliser des animaux de ferme pour entretenir l’environnement. Ce concept repose sur l’idée que les animaux peuvent contribuer à la conservation de la biodiversité en jouant un rôle dans la régulation de la végétation et en améliorant la qualité et la vie du sol.

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Troupeau de chèvres des fossés en éco-pâturage.

Dans quels cas peut-on faire appel à l’éco-pâturage ?

L’éco-pâturage peut être utilisé dans de nombreux contextes, tels que les parcs urbains, les zones naturelles protégées, les bords de routes, les aires de repos, les friches industrielles et les zones agricoles en friche. Les animaux les plus couramment utilisés dans l’éco-pâturage sont les moutons, les chèvres, les vaches et les chevaux.

Le choix de l’espèce varie en fonction de la surface, du type de sol, de l’alimentation proposée…

Est-ce qu’il y a des avantages à l’éco-pâturage ?

Bien évidemment, et ils sont nombreux.

Tout d’abord, il permet de réduire l’utilisation de produits chimiques et de machines pour l’entretien des espaces verts, ce qui permet de diminuer les coûts et les émissions de gaz à effet de serre. En outre, l’éco-pâturage peut contribuer à la conservation de la biodiversité en maintenant des habitats appropriés pour la faune et la flore locales.

C’est aussi une manière de pouvoir lutter contre la fermeture de certaines zones naturelles et/ou de les voir s’artificialiser par l’Homme. Ces zones retrouvent une nouvelle vie et vont impacter l’activité économique qui se trouve aux alentours, ainsi que les liens sociaux. Même les personnes qui n’aiment pas les animaux vont être curieuses !

Est-ce que l’éco-pâturage coûte cher ?

Comme toute prestation de service, il y a un coût. Contrairement aux coûts d’entretien d’un tracteur, d’une tondeuse, de son carburant, de la personne qui l’utilise… le coût d’une prestation d’éco-pâturage est bien moindre.

On estime, en fonction des régions et des entreprises que la prestation coûte environ 25% moins cher.

L’éco-pâturage pas cher est une pratique qui doit attirer notre attention. En effet, certaines personnes pensent qu’il suffit de mettre les animaux, et puis c’est tout… mais non, c’est un travail bien plus important et considérable. Cela fera l’objet d’un prochain article sur le blog.

Est-ce qu’il y a une différence entre l’éco-pâturage et le pastoralisme ?

La base est sensiblement la même : vouloir entretenir le paysage. Cependant, les finalités sont un peu plus différentes : on parle d’éco-pâturage bien souvent car il n’y a pas de fin d’élevage derrière. Alors que dans le pastoralisme, la priorité reste la production de viande, de lait ou de laine pour les brebis ou de lait pour les chèvres.

En ce qui concerne Écopattes, c’est un peu plus délicat, car il y a des prestations d’éco-pâturage de dispensées (avec les Ouessant et les Chèvres des Fossés notamment), mais aussi de la production de viande avec les Landes de Bretagne. On est dans une démarche pastorale, car l’esprit s’y prête bien (transhumances, garde avec les chiens, déplacements quotidiens, à pied…).

Pourquoi faire de l’éco-pâturage en 2023 ?

L’éco-pâturage est une pratique agricole qui consiste à utiliser des animaux pour entretenir les espaces verts, plutôt que d’utiliser des machines bruyantes et coûteuses. C’est aussi une alternative à l’utilisation (intensive par moments) de produits chimiques. Cette méthode de gestion des espaces naturels est en train de devenir de plus en plus populaire en raison de ses avantages environnementaux, économiques et sociaux.

Voici quelques raisons pour lesquelles vous devriez envisager de faire de l’éco-pâturage en 2023 :

L’éco-pâturage est respectueux de l’environnement

L’un des principaux avantages de l’éco-pâturage est qu’il respecte le monde qui nous entoure. Contrairement à l’utilisation de produits chimiques et de machines qui peuvent polluer l’atmosphère et les sols, l’éco-pâturage utilise des animaux pour entretenir les espaces verts. Quoi de plus naturel ?

Les animaux mangent les herbes et les plantes indésirables (enfin, classées indésirables par l’Homme, car bien souvent elles sont utiles pour la biodiversité), ce qui permet de réduire l’utilisation de pesticides et d’herbicides.

Les excréments et les urines des animaux enrichissent le sol et favorisent la croissance de plantes plus saines. L’éco-pâturage est donc une méthode durable et respectueuse de l’environnement pour entretenir les espaces verts. et permettre le retour d’écosystèmes essentiels à notre planète.

L’éco-pâturage favorise la biodiversité

En plus d’être respectueux de l’environnement, l’éco-pâturage favorise également la biodiversité. En utilisant des animaux pour pâturer les espaces verts (urbains, naturels, en friche, abandonnés…), il est possible de créer un environnement plus diversifié pour la faune et la flore locales.

Les animaux mangent les plantes indésirables, ce qui permet aux plantes plus résistantes de croître. Ces plantes sont souvent plus bénéfiques pour la faune locale, comme les abeilles, les insectes et les papillons, qui ont besoin de plantes spécifiques pour leur alimentation et leur reproduction. En favorisant la biodiversité, l’éco-pâturage permet de préserver l’équilibre écologique de la nature.

L’éco-pâturage est économique

Contrairement aux apparences, l’éco-pâturage est une méthode économique. Les machines et les produits chimiques nécessaires pour l’entretien des espaces verts peuvent être coûteux à acheter et à entretenir. C’est surtout l’entretien qui revient cher (en plus du conducteur qui doit être payé, que ce soit l’ouvrier, l’agent communal ou un prestataire).

En utilisant des animaux comme des moutons, des chèvres, des vaches, des chevaux, des alpagas… pour gérer ce travail, les coûts de maintenance peuvent être réduits. De manière considérable. De plus, les animaux produisent des excréments qui peuvent être utilisés comme engrais naturel pour les plantes, ce qui réduit, voire annule carrément, l’achat d’engrais (même autorisé dans le cahier des charges de l’agriculture biologique).

L’éco-pâturage est une source de nourriture pour les animaux

En plus de contribuer à la gestion des espaces verts, l’éco-pâturage peut également être bénéfique pour les animaux qui y participent. Les animaux utilisés pour l’éco-pâturage, tels que les moutons, les chèvres et les vaches, peuvent se nourrir des plantes et des herbes indésirables qui poussent dans les espaces verts. Cela permet de diversifier l’alimentation pour le propriétaire des animaux, d’utiliser des races rustiques et adaptées au territoire.

Mais attention : il ne faut pas s’arrêter à ce simple avantage et argument. La source alimentaire est une chose, mais elle ne remplace pas la gestion d’un pâturage par le propriétaire des animaux. Tout un travail est réalisé pour savoir quand mettre les animaux, les retirer, calculer le chargement, venir les voir régulièrement… C’est ce qui justifie le prix d’une prestation d’éco-pâturage.

Pierre et ses poneys mini-shetland
Des poneys gourmands !

L’éco-pâturage favorise une gestion responsable des terres

En utilisant des animaux pour l’entretien des espaces verts, l’éco-pâturage permet une gestion responsable des terres. Les animaux peuvent être utilisés pour entretenir les parcelles qui ne sont pas adaptées à la culture de plantes ou à d’autres utilisations.

Cela permet de minimiser l’impact de l’agriculture sur les terres agricoles. De plus, l’utilisation d’animaux pour entretenir les espaces verts peut contribuer à la gestion des terres en milieu urbain, en permettant l’utilisation des espaces verts qui autrement pourraient être abandonnés ou laissés à l’abandon. C’est l’une des forces principales de l’éco-pâturage : pouvoir ramener la campagne à la ville.

L’éco-pâturage favorise le bien-être animal

Enfin, même si cela me paraît tout a fait normal, cette méthode d’entretien vise à respecter le bien-être animal (BEA). Les animaux utilisés pour l’éco-pâturage ont une vie plus naturelle et peuvent se déplacer librement dans les espaces verts.

Cela leur permet de se nourrir naturellement, d’avoir une diversité gustative, de gambader, jouer entre eux, courir, de vivre toutes les saisons et de socialiser avec d’autres espèces animales.

Les animaux sont également moins stressés que lorsqu’ils sont gardés dans des enclos ou dans des bâtiments où parfois la surface manque. L’éco-pâturage permet donc de favoriser le bien-être animal, tout en contribuant à la gestion des espaces verts.

À Ecopattes, la ferme prône un éco-pâturage en sous-chargement. C’est-à-dire qu’on réduit le nombre d’animaux à l’hectare pour optimiser la durée des animaux, de mettre en place une gestion parcellaire minutieuse et de pouvoir laisser la biodiversité s’installer.

En conclusion

Cette méthode de gestion des espaces naturels présente de nombreux avantages environnementaux, économiques et sociaux. En ayant recours aux animaux pour entretenir les espaces verts, il est possible de réduire l’utilisation de produits chimiques, de favoriser la biodiversité, de réduire les coûts d’entretien mécaniques, de fournir une source de nourriture pour les animaux, de favoriser une gestion responsable des terres et de favoriser le bien-être animal.

En 2023, l’éco-pâturage devrait continuer à gagner en popularité et à être de plus en plus utilisé pour l’entretien des espaces verts. Il s’agit d’une méthode durable et respectueuse de l’environnement pour gérer les espaces verts, qui peut contribuer à la préservation de l’équilibre écologique de notre planète.

Ecopattes est pleinement engagée dans cette voie. Je propose des services d’éco-pâturage pour aider les communes, les entreprises, les particuliers et les associations à mieux gérer leurs espaces naturels et à bénéficier de ces nombreux avantages.

Si vous êtes intéressé.e.s pour en discuter ou le mettre en place chez vous ou au sein de votre structure, vous pourrez réaliser une demande de devis, vous obtiendrez une réponse rapide, (moins de 48 heures ouvrées).

La radio s’intéresse à Pierre Giroux d’Écopattes

C’est mardi 21 février, le jour du mardi gras 2023, que la journaliste Valérie CASCIO a posé son micro aux milieu des brebis pour me poser des questions.

L’interview se retrouve sur leur site Internet et la transcription se trouve plus bas pour les plus courageux !

Une expérience encourageante !

Une belle expérience pour démarrer l’activité et contribuer à son développement sur le territoire. J’ai beaucoup aimé l’échange que nous avons eu, c’était naturel et les questions très pertinentes.

Bonne écoute et à bientôt sur le blog !

Pierre d’Ecopattes

Brebis ouessant et son agneau en février 2023 à La Fontaine Saint-Martin
© Philippe NOISETTE

La transcription de l’interview.

Emission “Allô la terre” du vendredi 24 février 2023 à 12H30.

Journaliste (VC) : Depuis le 01 janvier de cette année, Pierre Giroux a créé son activité d’éco-pâturage et d’éleveur ovin, sous le nom d’Ecopattes. Basé à Ligron, il propose ses services pour l’entretien d’espaces verts en s’adressant aux collectivités, particuliers, associations et entreprises en Sarthe. Direction La Fontaine Saint-Martin où une partie de ses animaux sont installés.

Pierre Giroux (PG) – Bonjour, moi c’est Pierre Giroux, j’ai bientôt 30 ans. Jusqu’à présent, j’ai toujours travaillé dans le web, j’ai fait une reconversion professionnelle à partir de 2019. J’ai travaillé en tant que community manager, créateur de sites internet, dans la communication web de manière générale. J’ai décidé de faire une reconversion professionnelle suite à mon handicap parce que je suis malentendant. C’est important de le signaler, car des personnes peuvent me voir et m’interpeler, et je ne vais pas forcément les voir (= entendre) si elles ne sont pas dans mon champ visuel, donc c’est important.

Ensuite, j’ai réalisé un BP REA au lycée agricole de Rouillon, au Mans. Ensuite, un Stage Paysan Créatif avec la CIAP (Coopérative à l’Installation de l’Agriculture Paysanne) afin d’emmagasiner un maximum d’expérience avant de m’installer officiellement en tant qu’éleveur et éco-pâtureur en Sarthe.

VC – La Sarthe où vous êtes arrivés par un biais de rencontre amoureux on peut dire, vous n’êtes pas originaire de ce département ?

PG – Du tout, je suis originaire de Charente, la vraie Charente, pas la Charente-Maritime, j’ai rencontré ma compagne via les réseaux sociaux en 2017, je l’ai suivie pour faire ses études dans le Nord pendant deux ans, puis nous avons rejoint ses racines familiales en Sarthe, un département qui se prête très bien à l’élevage, notamment bovin, mais les moutons ont leur place. Vous ne le voyez peut-être pas à la radio, mais les moutons nous suivent bien et sont derrière nous.

VC – On fait l’interview entourés de ces petites têtes qui nous regardent, on est en plein milieu de leur champ. Cette idée d’éco-pâturage, c’est une entreprise, Ecopattes c’est ça ? Ca a vu le jour quand ?

PG – Ca a été un long chemin, et ça n’a pas été créé du jour au lendemain, vous vous en doutez. Ca a démarré quand j’ai fait mon Stage Paysan Créatif, j’avais l’ambition de m’installer en tant qu’éleveur et éco-pâtureur. La problématique que j’avais, c’est qu’il fallait trouver du foncier, et en Sarthe, très clairement, c’est compliqué. Quand on n’est pas issu du milieu agricole, donc moi, je suis un NIMA, Non Issu du Milieu Agricole, on peut vite faire face à différents blocages, notamment ce qu’est la mentalité agricole qui est différente de d’autres secteurs d’activité. J’ai fait appel à la CIAP pour me faire aider, pour me faire accompagner dans l’acquisition de foncier. J’ai trouvé des fermes qui ne correspondaient pas aux valeurs que je voulais, donc ça a été compliqué.

En parallèle depuis septembre 2021, je travaille avec Madame PICHONNEAU, Jennifer PICHONNEAU de la Communauté de Communes du Pays Fléchois (CCPF), dans le cadre du projet TEN (Territoires Engagés pour la Nature), et elle m’avait part de la volonté par la CCPF d’encourager les communes à entretenir les terres par le pâturage, et notamment l’éco-pâturage. C’est ainsi qu’on a travaillé ensemble, pendant un an et demi, pour aujourd’hui avoir le résultat que vous voyez.

VC – Vous me disiez que vous êtes dans le web, donc un métier qui n’a rien à voir avec ce que vous faites actuellement, est-ce que cette envie de devenir, je ne sais pas comment vous vous définissez, berger, est-ce que c’est une envie d’avant d’être dans le web ? un retour aux sources ? une envie de vivre autrement ?

PG – Un retour aux sources, pas du tout, ma mère est bibliothécaire, mon père est informaticien, donc aucun rapport avec ces métiers-là. Par contre, du fait de mon handicap, j’ai toujours été très intéressé par le travail du chien, et notamment la capacité du chien à pouvoir aider l’homme dans son quotidien. Par mon handicap auditif, je me base beaucoup sur les oreilles de mes chiens pour comprendre (= entendre). Et donc, par la suite, en se renseignant dessus, on rencontre du monde, on rentre dans le monde du chien, et le chien de troupeau, et j’ai trouvé cette symbiose tripartite entre le chien, le berger et le troupeau exceptionnelle. C’est ce qui m’a poussé à avoir des moutons. Il faut savoir aussi, que j’étais intéressé par le maraîchage, pendant un temps, physiquement, c’est très compliqué, mais même si je faisais du maraîchage, j’avais dit à ma compagne, qu’on aurait notre troupeau de moutons à la maison parce que je veux des moutons et un chien de troupeau.

VC – L’éco-pâturage, votre activité, c’est quoi en définitive ? Ca consiste en quoi ?

PG – L’éco-pâturage, c’est un espace vert, ça peut être un espace abandonné, un espace naturel, ou une friche, peu importe, tant qu’il y a de l’herbe, tant qu’il y a à manger. C’est un espace vert qu’on me met à disposition. Donc moi, je fonctionne avec deux méthodes :

  • Soit la commune clôture, comme on peut le voir avec la Fontaine Saint-Martin où les clôtures ont été mises avec la CCPF dans le cadre du programme Territoires Engagés pour la Nature,
  • Soit c’est moi qui pose des clôtures mobiles qui sont toutes électrifiées de façon à pouvoir délimiter un parc afin que les animaux puissent brouter l’herbe.

Je n’aime pas trop le terme de tondeuse, car mes animaux ne sont pas des outils, mais des êtres vivants avant tout. C’est important de le signaler, parce que donner l’herbe c’est une chose, mais c’est aussi penser à tout l’univers qui l’entoure. On va parler de biodiversité, on va parler d’écosystèmes, on va parler de plein d’éléments qui font qu’il y a une symbiose entre l’animal et le végétal qui se met en place. L’éco-pâturage ce n’est pas juste tondre de l’herbe comme beaucoup de personnes dans le grand public le pensent.

VC – Avec quels animaux vous proposez cette prestation et combien en avez-vous à ce jour ?

PG – Les animaux que je propose, je parle d’éco-pâturage multi-espèces, puisque je propose du caprin (chèvre), de l’ovin (mouton), et de l’équin (j’ai deux poneys mini-shetland). Pourquoi ces espèces-là ? Tout simplement parce qu’ils ne vont pas manger la même chose. Les chèvres, vous l’avez vu un peu plus bas à La Fontaine Saint-Martin, ils vont manger le roncier. Ils ne vont pas manger la même chose que les moutons qui vont brouter de l’herbe. On dit que la chèvre peut manger de l’herbe, oui, elle peut, mais morphologiquement la tête de la chèvre est faite pour manger un peu plus haut, alors que le mouton il a une tête qui est faite pour manger plus bas. J’ai aussi deux poneys, car si j’ai de grands espaces, c’est plus facile pour entretenir. Puis, ils se complètent très bien avec le mouton, car il va manger le refus des poneys, etc.. Voilà pour les animaux que je propose.

En terme de nombre, j’ai deux poneys mini-shetland, 10 chevrettes des fossés, 12 ouessant et 64 landes de bretagne, qui vont augmenter. Toutes ces races-là, exceptés les poneys mini-shetland, sont des races à faibles effectifs. Ce sont des races qui ne sont pas nombreuses en France en terme de chiffres, mais ce sont surtout des races rustiques, des races adaptées pour le territoire local. Je m’excuse pour le Ouessant, car certains disent que la Bretagne ne fait pas partie des Pays de la Loire, mais ça, c’est propre à chacun. Puis le Landes de Bretagne, originaire de Bretagne mais aussi de Loire-Atlantique, la chèvre des fossés n’est pas très loin non plus, cela reste des races bien adaptées au climat (humide, sécheresse, etc.).

VC – On sait que l’éco-pâturage a été mis en place avec plusieurs communes de la Communauté de Communes du Pays Fléchois, parce que vous vivez sur ce secteur, en tant qu’habitant, en tout premier lieu.

PG – C’est ça, en fait, j’habite à Ligron. Ligron fait partie du programme TEN au même titre que la ville de La Flèche, La Fontaine Saint-Martin, Clermont-Créans et Oizé. Si j’oublie personne, normalement, c’est bon. L’objectif, à terme, c’est de pouvoir sensibiliser d’autres communes de la CCPF qui, pour certaines ont dit, “on attend de voir comment ça se passe”.

VC – Justement, le travail de vos moutons, de vos poneys et de vos chèvres, ça consiste en quoi ? À débroussailler, à entretenir des terrains, et vous mettez des animaux qui sont le plus adaptés aux parcelles qu’on vous propose, c’est ça ?

PG – Tout a fait, typiquement, je vais vous donner l’exemple de Mareil-sur-Loir (ah j’ai Mareil-sur-Loir aussi !), c’est une commune qui possède des coteaux, en bas d’une petite forêt. La parcelle est complètement embroussaillée, enfrichée. Clairement, sur cette partie-là, on ne peut pas mettre de moutons. Je mettrai les chèvres à cet endroit-là. À La Fontaine Saint-Martin, on voit une parcelle très séchante, qui s’adapte bien aux poneys et aux moutons. Mon travail à moi, je dis souvent que ce sont mes animaux qui travaillent, mais ils ont besoin d’un guide, un berger, est de faire en sortes que l’animal ait tjr suffisamment à manger pour qu’il ne soit pas tenté de sauter les clôtures pour aller ailleurs. Dès qu’il n’y a plus assez à manger, c’est là qu’il va forcer les clôtures. Mon objectif est de mesurer le plus précisément possible, la durée du pâturage. Et quand il n’y en a pas assez, on les déplace, soit à pied, soit en voiture (en bétaillère) sur une autre commune, etc..

VC – Vous avez des animaux qui sont carrément en ville, proche d’une école, d’une mairie peut-être ?

PG – Oui oui. Typiquement à La Fontaine Saint-Martin, j’ai une petite parcelle qui est à proximité de l’école. Et, un jour de grève, j’ai vu des enfants qui sont venus, ils m’ont posé des questions, j’avais eu une naissance et ils voulaient savoir le prénom, comment ça se passait… C’était très intéressant. Les enfants sont très curieux, les retours sont extrêmement positifs aussi bien de la maîtresse que des parents d’élèves donc je suis très content. Et à La Flèche, j’ai des parcelles en plein coeur de la ville de La Flèche, et j’ai hâte d’y mettre mes animaux, car je pense qu’il va y avoir de belles animations à venir.

VC – Vous disiez avant l’interview, avec Christophe LIBERT le maire de la commune de la Fontaine Saint-Martin, les voisins sont bienveillants aussi. Ils vous envoient des messages en disant “on a vu les moutons”. Cela attire aussi du monde, ça permet de belles rencontre, ça attire la nature. C’est quelque chose que vous remarquez en peu de temps ?

PG – Oui, je suis très très surpris. J’avais mis un post sur Facebook de la page Ecopattes, comme quoi j’avais un agneau qui me semblait en difficulté du fait de la mère qui avait un peu de mal à se laisser téter, j’avais plusieurs hypothèses (une montée de lait très violente et la mère a eu un peu de mal à gérer ça, ou l’agneau avait mordu le pis, ce sont des choses qui arrivent), mais derrière je retrouve des humains extrêmement bienveillants, le soir même où je mets le post, je reçois un message “votre agneau va très bien, il court, il gambade”, à 23 heures, c’est quelque chose qui m’a énormément touché. J’apprécie aussi ça, car je ne suis pas toujours sur place, c’est un choix que j’ai fait, mais c’est important que les gens soient respectueux des animaux, tout comme je respecte le travail des gens, j’aimerai que les personnes qui passent à proximité des parcelles respectent aussi mon travail. C’est comme ça, et je trouve très intéressant d’avoir ce genre de retours.

VC – On va y revenir, mais on peut les voir, les caresser, mais surtout ne pas leur donner à manger.

PG – Les caresser, j’évite car les parcelles sont électrifiées. Donc on évite, les caresser avec les yeux, ça y’a pas de soucis, c’est avec grand plaisir au contraire ! Ils peuvent faire des photos pour les partager sur les réseaux sociaux, j’ai déjà des personnes qui m’ont envoyé des photos des Ouessant, y’a pas de soucis. Le seul truc que je demande, c’est de ne pas donner à manger. Ne pas crier, quand il y a un chien, le tenir en laisse à proximité, car le chien reste un prédateur, peu importe la race, ça reste un prédateur. Il a toujours été comme ça. La prédation est plus ou moins développée selon les races et les animaux. Mais ça reste un prédateur ! Ne pas s’approcher des clôtures, des filets électrifiés. Il y a des pancartes d’informations, mais je reste prudent et j’alerte les parents par rapport à ça.

VC – Le suivi, les soins, la surveillance des animaux, ça c’est votre rôle, c’est pour ça que vous êtes missionné, vous mettez vos animaux sur les parcelles, mais le quotidien, c’est à vous de le gérer.

PG – Tout a fait. Moi, mon quotidien il s’articule du lundi au dimanche, parce que mes animaux travaillent et mangent le dimanche. C’est important de vérifier ça. J’ai eu un agneau qui est né dimanche, il a fallu être là pour s’assurer que tout allait bien.

Concernant les soins, oui, c’est mon travail. J’estime que les agents communaux n’ont pas à faire ce travail-là, car ils n’ont pas la compétence technique qui permet de savoir si quelque chose va bien, ou si quelque chose ne va pas bien. Par contre, avec les communes, j’ai mis en place des groupes WhatsApp avec l’agent communal, le maire ou un élu de la commune, de façons à ce que s’ils ont une information, ou une interrogation, ils peuvent envoyer une photo ou une vidéo, pour que je puisse mieux gérer mon troupeau. Si je vois que c’est urgent, j’interviendrai rapidement, si je vois que ce n’est pas grand chose (typiquement j’ai eu le cas d’une brebis avec un peu de laine dans la bouche, maintenant, elle ne l’a plus et puis tout va bien).

VC – Ce fonctionnement d’éco-pâturage, on en entend parler maintenant, depuis quelques temps, d’autres structures, d’autres entreprises sont installées en Sarthe. On peut dire que c’est quelque chose qui est à la mode ? On le voit ça a tous les avantages écolos, ça va dans le sens de la planète ?

PG – Tout a fait, ça va dans le sens de la planète. On réduit les nuisances sonores, on réduit les nuisances olfactives avec le carburant, donc il y a beaucoup d’avantages à tout ça. Après, il faut quand même garder en tête que ça reste du vivant, et que parfois le vivant, bah, il peut mourir, et ça malheureusement, qu’on le veuille ou pas, c’est compliqué. On peut avoir des prédateurs comme les renards, les blaireaux ou même des vautours dans certaines régions qui mangent des agneaux. Je ne veux pas faire peur en disant, voilà, il faut avoir le coeur accroché, cela reste du vivant, il peut y avoir des morts, j’peux avoir demain, un agneau mort, sans explication. On travaille avec du vivant, donc oui, il y a des avantages, mais aussi des inconvénients. Il y a aussi l’inconvénient d’avoir des animaux qui fuguent. On peut aussi avoir les sangliers qui défoncent les clôtures mobiles par exemple, ça peut arriver. Ce que je trouve passionnant avec les animaux, c’est qu’on peut aller très loin dans la recherche, voir les effets agronomiques qu’il peut y avoir sur la terre…

VC – On le disait, contrat de 9 ans avec la Communauté de Communes du Pays Fléchois, c’est plutôt un bon démarrage pour votre activité. Mais votre objectif n’est pas de travailler, uniquement, avec cette communauté de communes, vous souhaitez peut-être vous développer sur des secteurs géographiques voisins, et peut-être vous adresser à des entreprises, certaines ont des grandes parcelles qu’elles entretiennent de façon mécanique ou même des particuliers qui ont des terrains ou qui ont du mal à entretenir, vous pourrez intervenir dans ces domaines-là ?

PG – Tout a fait, mon activité s’articule autour de trois types de clientèles, à savoir les collectivités et associations (que je mets dans le même “panier”), les particuliers (des châteaux, ceux qui ont des grandes surfaces, des manoirs, ou des personnes qui ont deux à trois hectares à entretenir, qui ne trouvent pas le temps de le faire et la présence d’animaux leur faire du bien). La surface minimum pour un particulier, c’est quand même 3000 à 4000 mètres carrés, de façons à ce que ce soit intéressant. Je m’adresse également aux entreprises. J’alerte les entreprises parce qu’elles sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des sociétés de paysagistes. Il faut savoir quand même que l’éco-pâturage reste très compétitif par rapport à ce genre de solution. Tout en ayant un objectif social important. Les salariés vont être curieux de voir comment ça se passe (même s’ils n’aiment pas les animaux). C’est moins bruyant, c’est plus joli et ça s’intègre parfaitement dans nos paysages et nos bocages sarthois.

VC – L’éco-pâturage est une de vos activités, il y en a deux autres, une qui est plus de l’élevage pour la consommation de viande et l’autre c’est de l’animation, de la sensibilisation principalement auprès des plus jeunes.

PG – Tout a fait, je propose de l’élevage avec une seule race que j’ai, la Landes de Bretagne, une race rustique, que l’on trouve pas beaucoup dans le commerce malheureusement, mais c’est une race où la viande est excellente et je vous invite vraiment à aller la goûter. Je propose aussi des animations qui sont prévues pour le second semestre 2023, avec des écoles, des communes. Je pense à des petites transhumances où on déplace le troupeau à pied, d’une parcelle A à une parcelle B, et ça les communes y sont extrêmement réceptives. Vraiment, je suis très content de ça.

Dans les autres animations, ça peut être la tonte, la sensibilisation “comment approcher un animal ?”, “comment lui parler ?”, etc.. Je pense aux poneys, parfois, qu’on voit beaucoup dans nos campagnes, mais des enfants qui ne savent pas comment s’en approcher, ou ceux issus de la ville qui ne connaissent pas forcément le monde campagnard. Ce sont des petites animations comme ça, que je propose, qui seront réalisées avec ma compagne qui est monitrice éducatrice.

VC – Des envies de développement, évidemment, vous démarrez juste, il faut y aller prudemment. Mais les idées sont là.

PG – Les idées sont là, mais surtout, j’ai un objectif dans ma tête, c’est d’y aller étape par étape. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de faire le portage d’activité avec la CIAP. C’est elle qui héberge mon activité, je ne suis pas installé en nom propre. J’utilise leur numéro de SIRET, c’est eux qui font les crédits en mon nom (bien sûr, il y a un plafond qui est limité). L’idée est de pouvoir consolider la base de clients que j’ai, pour ensuite m’installer.

VC – Pierre Giroux, autre chose à ajouter sur Ecopattes ?

PG – J’aimerai alerter sur le fait que voir des animaux, c’est très bien, mais il faut aussi les respecter, et c’est très important. Je pense aux enfants qui sont tout contents, tout foufous, qui vont crier peut-être. Les animaux, les moutons en l’occurence et les chèvres, ça reste des animaux qui aiment le calme et la tranquillité et vous aurez beaucoup plus de chance de les approcher, sans leur parler, ni les toucher, juste en les regardant et en restant calme. Il n’y a pas besoin de crier ou autre !

VC – Vos coordonnées pour terminer cette émission, pour une entreprise, une collectivité, qui a envie de faire appel à vous, on fait comment ?

PG – Alors, on peut me contacter via l’adresse mail contact[@]ecopattes.fr, on peut aussi me contacter sur le site ecopattes.fr tout simplement, sinon, Ecopattes sur Intstagram et sur Facebook, où il n’y a pas de soucis, on peut me contacter sans problème. Je ne mets pas mon numéro de téléphone, étant malentendant, je préfère procéder de cette façon-là.

VC – Merci de m’avoir accueillie au milieu de votre troupeau, et bonne chance pour votre entreprise Ecopattes, avec un S !

PG – Je vous remercie beaucoup, et vous pourrez revenir quand vous voulez.

VC – Christophe LIBERT, vous êtes le maire de La Fontaine Saint-Martin, vous avez fait appel aux services de Pierre Giroux, pour quelles raisons en fait ?

Christophe LIBERT (CL) – C’est un projet qui remonte au mandat précédent, on voulait aménager nos parcs avec des moutons, avec le programme TEN, Territoires Engagés pour la Nature, on pensait le faire nous-mêmes, mais notre chargée de mission TEN a trouvé Pierre pour mettre des moutons sur nos parcelles qui étaient vacantes.

VC – Les moutons sur quelles parcelles ? Constructibles ?

CL – En fait, la moitié de la parcelle est constructible, deux hectares constructibles et deux autres hectares non constructibles. Le projet prend un peu de temps, donc on peut mettre des moutons avant de voir des maisons sur ces terrains.

VC – C’est un contrat signé pour une longue période avec plusieurs communes du Pays Fléchois dont vous faites partie.

CL – Il y a Oizé, La Fontaine, La Flèche, Clermont-Créans, pour l’instant, Ligron aussi. On n’a pas donné toutes les parcelles, on en a gardé une partie pour mettre une dizaine de moutons.

VC – Quels avantages voyez-vous dans cette prestation ?

CL – Déjà, je ne vois pas de tracteur qui va tondre toutes les cinq minutes, donc la parcelle sera propre par les moutons. La parcelle à côté de l’école, c’est pour entretenir un peu plus et les agents puissent bénéficier de ce temps gagné.

VC – En parallèle, des animations peuvent être proposées, aussi par Pierre Giroux, de la sensibilisation aussi.

CL – Pierre n’a pas encore commencé, mais il va mettre ça en place avec l’école. Pendant un jour de grève, les enfants sont venus voir les moutons. A la sortie de l’école, on voit des enfants avec leurs parents qui montent jusqu’aux moutons quand il fait beau bien sûr pour profiter des animaux qui sont sur la commune.

VC – Donc, un avantage 100% écolo on va dire, c’est dans l’air du temps comme vous disiez, les tracteurs ne sont pas présents, moins de bruit, moins de pollution, moins de carburant utilisé. c’est 100% naturel.

CL – Les agents communaux n’ont plus ces parcelles-là à entretenir, même si on les laissait un peu en jachère, et pendant ce temps-là ils peuvent faire de la peinture ou rénover une petite maison que l’on fait pour les associations.

VC – Donc là, c’est un début, mais vous en êtes plutôt satisfait pour commencer ce partenariat ?

CL – Ca fait un bon mois que les moutons sont là et les poneys aussi sont là, le terrain n’avait pas été tondu depuis le comice. Les moutons font bien leur travail et ils travaillent encore aujourd’hui.

VC – Pour joindre Pierre Giroux et son entreprise Ecopattes, adressez un mail à contact[@]ecopattes.fr ou sur la page Facebook E-C-O-P-A-T-T-E-S.

Droit de réponse : article Ouest-France (10/02/2023)

Lors de la signature du premier bail rural environnemental avec la commune de La Fontaine Saint-Martin, la Communauté de Communes du Pays Fléchois et la Coopérative d’Installation à l’Agriculture Paysanne, la presse était conviée. La CCPF avait prévu un communiqué de presse pour mettre en avant l’éco-pâturage communautaire, un projet sur lequel ils travaillaient depuis 2021.

Au cours de la visite des parcelles qui sont sous bail, j’ai été amené à répondre aux questions d’un journaliste, Vianney MASSE qui oeuvre pour le journal Ouest-France, pour faire connaître Écopattes et mettre en avant le projet environnemental sur le territoire.

L’article, bien qu’intéressant sur le fond, présente, pour moi, deux éléments erronés que je souhaite corriger au plus vite.

Mon droit de réponse

Voici l’article en question : article du Ouest-France du vendredi 10 février 2023.

La pancarte d’information de la ferme Écopattes gérée par Pierre Giroux en Sarthe
La pancarte d’information est présente sur toutes les parcelles où se trouvent mes animaux

« Une morsure de son chien »

« Pour cause, avec le Covid, cet amoureux du grand air n’a plus supporté son quotidien, puis il a fallu changer d’appareil auditif après une morsure de son chien. « C’est drôle, mais c’est presque une chance. J’ai pu découvrir ces nouvelles technologies qui m’ont permis de me lancer », s’amuse le Charentais d’origine. »

Non, mon chien ne m’a pas mordu à l’oreille pour manger une prothèse auditive. Je trouve le propos assez grossier et grave, parce qu’il insinue que je possède un chien mordeur (alors que je souhaite travailler avec des écoles !). Oui, mon chien a bien mangé mes prothèses auditives, mais c’était au cours d’une nuit chez des amis puisque je les retire pour dormir. Ce n’est pas du tout la même chose !

« Une année de formation »

« C’est alors que Pierre Giroux entame une année de formation en tant que paysan créatif, elle lui donne les clés pour réussir son insertion et revenir plus déterminé que jamais, avec cette fois son troupeau : 80 moutons Landes de Bretagne, onze moutons d’Ouessant et deux poneys Shetland. »

Non, je n’ai pas fait un an de formation pour démarrer ma carrière agricole. J’ai réalisé un BP REA au lycée agricole de Rouillon, puis j’ai réalisé des petits jobs chez différents producteurs, pour ensuite effectuer la Formation Paysan Créatif proposée par la CIAP. Soit, un total de presque trois ans de formation.

Cette précision m’est importante, car des porteurs de projets, en élevage, en maraîchage ou en éco-pâturage peuvent me lire. Il ne faut pas croire qu’en une seule année, on obtient toutes les clefs et toutes les ficelles requises pour monter une ferme et en vivre. C’est un parcours de combattant !

Conclusion

Il me semblait important de préciser cela. En effet, les interprétations des uns et des autres peut vite porter préjudice à l’image de la ferme, or je ne souhaite pas qu’on évoque des choses fausses pouvant causer du tort, comme « la morsure » d’un chien à l’oreille…

C’est aussi le problème général des interviews puisqu’on possède peu de temps, mais surtout, nous n’avons aucun droit de relecture sur des articles, a-priori, classiques et basiques…

L’arrivée des moutons d’Ouessant

Le jeudi 19 janvier 2023 était un jour important pour Écopattes : l’arrivée des premiers moutons d’Ouessant qui vont accompagner les Landes de Bretagne et les Chèvres des Fossés dans les prestations d’éco-pâturage. Pour rappel : ces services sont aussi bien valables pour les entreprises, les particuliers que les collectivités et les associations.

Je vous partage leur arrivée avec une petite anecdote assez … folklorique !

Troupeau de brebis ouessant
Les brebis dans leur nouvelle parcelle

Combien de moutons Ouessant arrivent sur la ferme ? Et pourquoi ?

J’ai réservé une douzaine de brebis de race Mouton d’Ouessant à la société mayennaise d’éco-pâturage : May’Patures. Ces brebis ont divers âges et constituent un troupeau particulièrement homogène.

Ces brebis sont, a-priori, pleines et pourront m’apporter de nouveaux agneaux prochainement.

Le choix de cette race est simple : pouvoir répondre à des besoins précis dans le cadre de l’éco-pâturage. En effet, il se trouve que je propose une possibilité d’entretien des jardins, parcs, sous-bois, etc., et parfois avec de petites surfaces. L’avantage du Mouton d’Ouessant, c’est qu’on peut en mettre plus qu’avec des brebis de gabarit « classique ». Ainsi, les clients sont contents car ils voient plus de vie, plus de mouvements et plus d’animaux dans la globalité.

brebis ouessant avec du givre sur la laine
Le lendemain, les brebis étaient vêtues d’un petit manteau blanc laineux

L’anecdote de l’arrivée de ces petites chipies !

Dès leur arrivée sur une parcelle communale clôturée, à 13 heures, deux brebis ont décidé de ne pas suivre le troupeau (dont la doyenne de plus de 10 ans !) et de glisser sous le pont de la Kerry (le nom de la remorque bétaillère !). Fort heureusement, il n’y avait pas de voitures à proximité. J’ai pu les rediriger sur une parcelle clôturée de 3 hectares. Et là, c’était folklo…

Entre ne pas les « guider » comme un chien de troupeau, ou justement faire le chien de troupeau… la décision était vite prise puisqu’il y avait un chantier de construction d’abri en bois en cours. Et forcément, le chantier était en cours… le même jour.

De ce fait, après une heure et demie, j’ai fini par les rattraper toutes les deux, en douceur, et à les mettre dans la parcelle avec le reste du troupeau.

Cette manipulation était stressante pour moi : les brebis venaient de vivre un trajet de plus d’une heure, de découvrir une nouvelle personne… et surtout, elles étaient pleines. C’est pourquoi je voulais, aussi, prendre mon temps.

Certainement, une manière de me dire « bonjour » très certainement… 🙂