Chères lectrices, chers lecteurs, clients, partenaires, amis et curieux de nature,
Ce message n’est pas le plus simple à écrire. Nous avons mis du temps à l’écrire. Puis, à le publier.
Ecopattes est né d’une reconversion, d’un “tout construire de A à Z”, de matins froids et de soirs fatigués, avec cette idée obstinée : faire les choses proprement, pour les animaux, pour les sols, pour les gens. Depuis janvier 2023, nous avons grandi, appris, installé des lots, surveillé des clôtures, géré l’eau, observé l’herbe, récupéré les brebis qui s’étaient échappées, expliqué cent fois les mêmes bases… et apprécié chaque rencontre effectuée au détour d’une parcelle.
Aujourd’hui, la ferme ferme ses portes pour des raisons de santé. Concrètement, Ecopattes met fin à son activité d’élevage d’agneaux bio, à sa ferme itinérante et à ses prestations d’éco-pâturage.
Ce n’est pas un renoncement à nos convictions. C’est une décision de protection de santé, lucide, nécessaire.
Ce qui s’arrête (et pourquoi c’est important de le dire clairement)
Nous avons toujours rappelé une chose : l’éco-pâturage n’est pas “juste mettre des moutons dans un enclos”. C’est un métier, une présence, un suivi, un regard permanent, une adaptation constante. Sur le terrain, il faut des visites régulières, vérifier les animaux, le matériel, l’eau, l’état de la prairie, et rester vigilant à tout ce qui peut survenir (météo, coucou les sangliers et les chevreuils, et autres imprévus).
C’est justement parce que cette exigence est non négociable que nous préférons arrêter plutôt que faire moins bien ou de tirer sur la corde « santé ».
Merci. Vraiment.
Merci aux collectivités, entreprises et particuliers qui nous ont fait confiance pour entretenir des espaces et faire vivre des animaux sur le territoire.

Merci aussi à celles et ceux qui se sont arrêtés pour regarder, poser une question, apprendre un mot (“foin”, “pâture”, “rusticité”, « agnelage »), ou simplement sourire en voyant une brebis venir à la clôture. Ou paniquer car une bête était coincée dans un tas de ronces avec sa laine.
Ecopattes devient un site éditorial : la suite logique de notre engagement
À partir d’aujourd’hui, Ecopattes change de rôle : le site devient un espace éditorial dédié à l’éco-pâturage, à l’écologie “de terrain” et à la préservation des races menacées.
Pourquoi ce virage ? Parce que même si l’activité s’arrête, la cause reste entière. Il ne s’agit pas « juste » d’un métier. On parle de valeurs, de raisons d’être qui sont au plus profond de nous.
En France, une grande partie des races locales est fragile : 80% des races locales recensées sont considérées comme menacées d’abandon pour l’agriculture. Cela va pour les moutons, mais aussi les poules, les vaches, les équidés… La liste est longue et nous voulons le partager au plus grand nombre d’entre vous.
Et derrière ces chiffres, il y a un patrimoine vivant : des animaux adaptés, rustiques, capables de valoriser des milieux variés — exactement ce dont l’éco-pâturage a besoin.
La “couleur” du nouveau Ecopattes : à qui nous parlons, et pour quoi faire ?
1) Pour le grand public : comprendre sans simplifier à l’excès
Nous publierons des contenus pour répondre, simplement mais sérieusement, à des questions concrètes :
À quoi sert l’éco-pâturage, vraiment ?
Quand est-ce pertinent… et quand ça ne l’est pas ?
Quels animaux, quels besoins, quelles limites ?
Pourquoi ça ne se “rentabilise” pas en deux semaines ?
L’objectif : donner des repères pour que chacun puisse juger avec bon sens, sans fantasmes et discerner le vrai du faux de ce que l’on peut voir sur divers médias (dont les réseaux sociaux).
2) Pour les collectivités : mesurer les enjeux et décider en connaissance de cause
Nous voulons aider les collectivités à sortir du “c’est joli” ou du “c’est tendance”, et à regarder l’ensemble :
gestion écologique des espaces,
réduction de certaines nuisances,
biodiversité (et choix des races),
organisation, responsabilités, suivi, coûts réels.
Et surtout, rappeler un point clé : si une collectivité le souhaite, elle peut choisir d’aller plus loin — acheter des animaux et embaucher un berger (ou structurer un service dédié), plutôt que de dépendre uniquement d’une prestation externe. Cela demande du temps, des compétences, et une volonté politique, mais c’est un modèle possible. Par expérience, nous voulons aussi sensibiliser les communes et collectivités : l’éco-pâturage devient (trop) politisé. Il faut éviter cela, pour le bien des êtres vivants associés.
3) Pour les particuliers : convaincre que “ça prend du temps”
Nous le dirons sans détour : l’éco-pâturage, c’est vivant. Et le vivant ne se pilote pas comme une tondeuse.
Il y a des saisons, des cycles, des imprévus, de la surveillance, de l’adaptation.
Notre rôle : vous aider à comprendre le rythme réel, pour éviter les déceptions et les projets mal ficelés.
4) Pour les entreprises : motiver des décisions courageuses (et bien faites)
L’éco-pâturage peut être un choix cohérent (image, cadre de travail, démarche RSE, ancrage local), mais seulement si l’entreprise accepte la réalité : un projet sérieux s’anticipe, se suit, s’ajuste.
Nous proposerons des articles orientés “terrain” :
comment cadrer un besoin (surface, objectifs, contraintes),
comment éviter les erreurs classiques,
comment intégrer le projet à une stratégie plus large (biodiversité, sobriété, lien au territoire).
Et maintenant ?
Le site sera mis à jour progressivement.
Certaines pages resteront en ligne comme archives de notre aventure, d’autres évolueront vers des guides, des retours d’expérience, des décryptages, et des ressources utiles. Nous vous invitons à suivre le blog, c’est la première étape de cette nouvelle vie d’Ecopattes.
Si vous êtes une collectivité, une entreprise, un particulier, un passionné de nature : restez dans le coin.
La ferme s’arrête — mais l’idée, elle, continue de brouter du terrain.
À bientôt,
L’équipe d’Ecopattes 🌱
