C’est mardi 21 février, le jour du mardi gras 2023, que la journaliste Valérie CASCIO a posé son micro aux milieu des brebis pour me poser des questions.

L’interview se retrouve sur leur site Internet et la transcription se trouve plus bas pour les plus courageux !

Une expérience encourageante !

Une belle expérience pour démarrer l’activité et contribuer à son développement sur le territoire. J’ai beaucoup aimé l’échange que nous avons eu, c’était naturel et les questions très pertinentes.

Bonne écoute et à bientôt sur le blog !

Pierre d’Ecopattes

Brebis ouessant et son agneau en février 2023 à La Fontaine Saint-Martin

© Philippe NOISETTE

La transcription de l’interview.

Emission “Allô la terre” du vendredi 24 février 2023 à 12H30.

Journaliste (VC) : Depuis le 01 janvier de cette année, Pierre Giroux a créé son activité d’éco-pâturage et d’éleveur ovin, sous le nom d’Ecopattes. Basé à Ligron, il propose ses services pour l’entretien d’espaces verts en s’adressant aux collectivités, particuliers, associations et entreprises en Sarthe. Direction La Fontaine Saint-Martin où une partie de ses animaux sont installés.

Pierre Giroux (PG) – Bonjour, moi c’est Pierre Giroux, j’ai bientôt 30 ans. Jusqu’à présent, j’ai toujours travaillé dans le web, j’ai fait une reconversion professionnelle à partir de 2019. J’ai travaillé en tant que community manager, créateur de sites internet, dans la communication web de manière générale. J’ai décidé de faire une reconversion professionnelle suite à mon handicap parce que je suis malentendant. C’est important de le signaler, car des personnes peuvent me voir et m’interpeler, et je ne vais pas forcément les voir (= entendre) si elles ne sont pas dans mon champ visuel, donc c’est important.

Ensuite, j’ai réalisé un BP REA au lycée agricole de Rouillon, au Mans. Ensuite, un Stage Paysan Créatif avec la CIAP (Coopérative à l’Installation de l’Agriculture Paysanne) afin d’emmagasiner un maximum d’expérience avant de m’installer officiellement en tant qu’éleveur et éco-pâtureur en Sarthe.

VC – La Sarthe où vous êtes arrivés par un biais de rencontre amoureux on peut dire, vous n’êtes pas originaire de ce département ?

PG – Du tout, je suis originaire de Charente, la vraie Charente, pas la Charente-Maritime, j’ai rencontré ma compagne via les réseaux sociaux en 2017, je l’ai suivie pour faire ses études dans le Nord pendant deux ans, puis nous avons rejoint ses racines familiales en Sarthe, un département qui se prête très bien à l’élevage, notamment bovin, mais les moutons ont leur place. Vous ne le voyez peut-être pas à la radio, mais les moutons nous suivent bien et sont derrière nous.

VC – On fait l’interview entourés de ces petites têtes qui nous regardent, on est en plein milieu de leur champ. Cette idée d’éco-pâturage, c’est une entreprise, Ecopattes c’est ça ? Ca a vu le jour quand ?

PG – Ca a été un long chemin, et ça n’a pas été créé du jour au lendemain, vous vous en doutez. Ca a démarré quand j’ai fait mon Stage Paysan Créatif, j’avais l’ambition de m’installer en tant qu’éleveur et éco-pâtureur. La problématique que j’avais, c’est qu’il fallait trouver du foncier, et en Sarthe, très clairement, c’est compliqué. Quand on n’est pas issu du milieu agricole, donc moi, je suis un NIMA, Non Issu du Milieu Agricole, on peut vite faire face à différents blocages, notamment ce qu’est la mentalité agricole qui est différente de d’autres secteurs d’activité. J’ai fait appel à la CIAP pour me faire aider, pour me faire accompagner dans l’acquisition de foncier. J’ai trouvé des fermes qui ne correspondaient pas aux valeurs que je voulais, donc ça a été compliqué.

En parallèle depuis septembre 2021, je travaille avec Madame PICHONNEAU, Jennifer PICHONNEAU de la Communauté de Communes du Pays Fléchois (CCPF), dans le cadre du projet TEN (Territoires Engagés pour la Nature), et elle m’avait part de la volonté par la CCPF d’encourager les communes à entretenir les terres par le pâturage, et notamment l’éco-pâturage. C’est ainsi qu’on a travaillé ensemble, pendant un an et demi, pour aujourd’hui avoir le résultat que vous voyez.

VC – Vous me disiez que vous êtes dans le web, donc un métier qui n’a rien à voir avec ce que vous faites actuellement, est-ce que cette envie de devenir, je ne sais pas comment vous vous définissez, berger, est-ce que c’est une envie d’avant d’être dans le web ? un retour aux sources ? une envie de vivre autrement ?

PG – Un retour aux sources, pas du tout, ma mère est bibliothécaire, mon père est informaticien, donc aucun rapport avec ces métiers-là. Par contre, du fait de mon handicap, j’ai toujours été très intéressé par le travail du chien, et notamment la capacité du chien à pouvoir aider l’homme dans son quotidien. Par mon handicap auditif, je me base beaucoup sur les oreilles de mes chiens pour comprendre (= entendre). Et donc, par la suite, en se renseignant dessus, on rencontre du monde, on rentre dans le monde du chien, et le chien de troupeau, et j’ai trouvé cette symbiose tripartite entre le chien, le berger et le troupeau exceptionnelle. C’est ce qui m’a poussé à avoir des moutons. Il faut savoir aussi, que j’étais intéressé par le maraîchage, pendant un temps, physiquement, c’est très compliqué, mais même si je faisais du maraîchage, j’avais dit à ma compagne, qu’on aurait notre troupeau de moutons à la maison parce que je veux des moutons et un chien de troupeau.

VC – L’éco-pâturage, votre activité, c’est quoi en définitive ? Ca consiste en quoi ?

PG – L’éco-pâturage, c’est un espace vert, ça peut être un espace abandonné, un espace naturel, ou une friche, peu importe, tant qu’il y a de l’herbe, tant qu’il y a à manger. C’est un espace vert qu’on me met à disposition. Donc moi, je fonctionne avec deux méthodes :

  • Soit la commune clôture, comme on peut le voir avec la Fontaine Saint-Martin où les clôtures ont été mises avec la CCPF dans le cadre du programme Territoires Engagés pour la Nature,
  • Soit c’est moi qui pose des clôtures mobiles qui sont toutes électrifiées de façon à pouvoir délimiter un parc afin que les animaux puissent brouter l’herbe.

Je n’aime pas trop le terme de tondeuse, car mes animaux ne sont pas des outils, mais des êtres vivants avant tout. C’est important de le signaler, parce que donner l’herbe c’est une chose, mais c’est aussi penser à tout l’univers qui l’entoure. On va parler de biodiversité, on va parler d’écosystèmes, on va parler de plein d’éléments qui font qu’il y a une symbiose entre l’animal et le végétal qui se met en place. L’éco-pâturage ce n’est pas juste tondre de l’herbe comme beaucoup de personnes dans le grand public le pensent.

VC – Avec quels animaux vous proposez cette prestation et combien en avez-vous à ce jour ?

PG – Les animaux que je propose, je parle d’éco-pâturage multi-espèces, puisque je propose du caprin (chèvre), de l’ovin (mouton), et de l’équin (j’ai deux poneys mini-shetland). Pourquoi ces espèces-là ? Tout simplement parce qu’ils ne vont pas manger la même chose. Les chèvres, vous l’avez vu un peu plus bas à La Fontaine Saint-Martin, ils vont manger le roncier. Ils ne vont pas manger la même chose que les moutons qui vont brouter de l’herbe. On dit que la chèvre peut manger de l’herbe, oui, elle peut, mais morphologiquement la tête de la chèvre est faite pour manger un peu plus haut, alors que le mouton il a une tête qui est faite pour manger plus bas. J’ai aussi deux poneys, car si j’ai de grands espaces, c’est plus facile pour entretenir. Puis, ils se complètent très bien avec le mouton, car il va manger le refus des poneys, etc.. Voilà pour les animaux que je propose.

En terme de nombre, j’ai deux poneys mini-shetland, 10 chevrettes des fossés, 12 ouessant et 64 landes de bretagne, qui vont augmenter. Toutes ces races-là, exceptés les poneys mini-shetland, sont des races à faibles effectifs. Ce sont des races qui ne sont pas nombreuses en France en terme de chiffres, mais ce sont surtout des races rustiques, des races adaptées pour le territoire local. Je m’excuse pour le Ouessant, car certains disent que la Bretagne ne fait pas partie des Pays de la Loire, mais ça, c’est propre à chacun. Puis le Landes de Bretagne, originaire de Bretagne mais aussi de Loire-Atlantique, la chèvre des fossés n’est pas très loin non plus, cela reste des races bien adaptées au climat (humide, sécheresse, etc.).

VC – On sait que l’éco-pâturage a été mis en place avec plusieurs communes de la Communauté de Communes du Pays Fléchois, parce que vous vivez sur ce secteur, en tant qu’habitant, en tout premier lieu.

PG – C’est ça, en fait, j’habite à Ligron. Ligron fait partie du programme TEN au même titre que la ville de La Flèche, La Fontaine Saint-Martin, Clermont-Créans et Oizé. Si j’oublie personne, normalement, c’est bon. L’objectif, à terme, c’est de pouvoir sensibiliser d’autres communes de la CCPF qui, pour certaines ont dit, “on attend de voir comment ça se passe”.

VC – Justement, le travail de vos moutons, de vos poneys et de vos chèvres, ça consiste en quoi ? À débroussailler, à entretenir des terrains, et vous mettez des animaux qui sont le plus adaptés aux parcelles qu’on vous propose, c’est ça ?

PG – Tout a fait, typiquement, je vais vous donner l’exemple de Mareil-sur-Loir (ah j’ai Mareil-sur-Loir aussi !), c’est une commune qui possède des coteaux, en bas d’une petite forêt. La parcelle est complètement embroussaillée, enfrichée. Clairement, sur cette partie-là, on ne peut pas mettre de moutons. Je mettrai les chèvres à cet endroit-là. À La Fontaine Saint-Martin, on voit une parcelle très séchante, qui s’adapte bien aux poneys et aux moutons. Mon travail à moi, je dis souvent que ce sont mes animaux qui travaillent, mais ils ont besoin d’un guide, un berger, est de faire en sortes que l’animal ait tjr suffisamment à manger pour qu’il ne soit pas tenté de sauter les clôtures pour aller ailleurs. Dès qu’il n’y a plus assez à manger, c’est là qu’il va forcer les clôtures. Mon objectif est de mesurer le plus précisément possible, la durée du pâturage. Et quand il n’y en a pas assez, on les déplace, soit à pied, soit en voiture (en bétaillère) sur une autre commune, etc..

VC – Vous avez des animaux qui sont carrément en ville, proche d’une école, d’une mairie peut-être ?

PG – Oui oui. Typiquement à La Fontaine Saint-Martin, j’ai une petite parcelle qui est à proximité de l’école. Et, un jour de grève, j’ai vu des enfants qui sont venus, ils m’ont posé des questions, j’avais eu une naissance et ils voulaient savoir le prénom, comment ça se passait… C’était très intéressant. Les enfants sont très curieux, les retours sont extrêmement positifs aussi bien de la maîtresse que des parents d’élèves donc je suis très content. Et à La Flèche, j’ai des parcelles en plein coeur de la ville de La Flèche, et j’ai hâte d’y mettre mes animaux, car je pense qu’il va y avoir de belles animations à venir.

VC – Vous disiez avant l’interview, avec Christophe LIBERT le maire de la commune de la Fontaine Saint-Martin, les voisins sont bienveillants aussi. Ils vous envoient des messages en disant “on a vu les moutons”. Cela attire aussi du monde, ça permet de belles rencontre, ça attire la nature. C’est quelque chose que vous remarquez en peu de temps ?

PG – Oui, je suis très très surpris. J’avais mis un post sur Facebook de la page Ecopattes, comme quoi j’avais un agneau qui me semblait en difficulté du fait de la mère qui avait un peu de mal à se laisser téter, j’avais plusieurs hypothèses (une montée de lait très violente et la mère a eu un peu de mal à gérer ça, ou l’agneau avait mordu le pis, ce sont des choses qui arrivent), mais derrière je retrouve des humains extrêmement bienveillants, le soir même où je mets le post, je reçois un message “votre agneau va très bien, il court, il gambade”, à 23 heures, c’est quelque chose qui m’a énormément touché. J’apprécie aussi ça, car je ne suis pas toujours sur place, c’est un choix que j’ai fait, mais c’est important que les gens soient respectueux des animaux, tout comme je respecte le travail des gens, j’aimerai que les personnes qui passent à proximité des parcelles respectent aussi mon travail. C’est comme ça, et je trouve très intéressant d’avoir ce genre de retours.

VC – On va y revenir, mais on peut les voir, les caresser, mais surtout ne pas leur donner à manger.

PG – Les caresser, j’évite car les parcelles sont électrifiées. Donc on évite, les caresser avec les yeux, ça y’a pas de soucis, c’est avec grand plaisir au contraire ! Ils peuvent faire des photos pour les partager sur les réseaux sociaux, j’ai déjà des personnes qui m’ont envoyé des photos des Ouessant, y’a pas de soucis. Le seul truc que je demande, c’est de ne pas donner à manger. Ne pas crier, quand il y a un chien, le tenir en laisse à proximité, car le chien reste un prédateur, peu importe la race, ça reste un prédateur. Il a toujours été comme ça. La prédation est plus ou moins développée selon les races et les animaux. Mais ça reste un prédateur ! Ne pas s’approcher des clôtures, des filets électrifiés. Il y a des pancartes d’informations, mais je reste prudent et j’alerte les parents par rapport à ça.

VC – Le suivi, les soins, la surveillance des animaux, ça c’est votre rôle, c’est pour ça que vous êtes missionné, vous mettez vos animaux sur les parcelles, mais le quotidien, c’est à vous de le gérer.

PG – Tout a fait. Moi, mon quotidien il s’articule du lundi au dimanche, parce que mes animaux travaillent et mangent le dimanche. C’est important de vérifier ça. J’ai eu un agneau qui est né dimanche, il a fallu être là pour s’assurer que tout allait bien.

Concernant les soins, oui, c’est mon travail. J’estime que les agents communaux n’ont pas à faire ce travail-là, car ils n’ont pas la compétence technique qui permet de savoir si quelque chose va bien, ou si quelque chose ne va pas bien. Par contre, avec les communes, j’ai mis en place des groupes WhatsApp avec l’agent communal, le maire ou un élu de la commune, de façons à ce que s’ils ont une information, ou une interrogation, ils peuvent envoyer une photo ou une vidéo, pour que je puisse mieux gérer mon troupeau. Si je vois que c’est urgent, j’interviendrai rapidement, si je vois que ce n’est pas grand chose (typiquement j’ai eu le cas d’une brebis avec un peu de laine dans la bouche, maintenant, elle ne l’a plus et puis tout va bien).

VC – Ce fonctionnement d’éco-pâturage, on en entend parler maintenant, depuis quelques temps, d’autres structures, d’autres entreprises sont installées en Sarthe. On peut dire que c’est quelque chose qui est à la mode ? On le voit ça a tous les avantages écolos, ça va dans le sens de la planète ?

PG – Tout a fait, ça va dans le sens de la planète. On réduit les nuisances sonores, on réduit les nuisances olfactives avec le carburant, donc il y a beaucoup d’avantages à tout ça. Après, il faut quand même garder en tête que ça reste du vivant, et que parfois le vivant, bah, il peut mourir, et ça malheureusement, qu’on le veuille ou pas, c’est compliqué. On peut avoir des prédateurs comme les renards, les blaireaux ou même des vautours dans certaines régions qui mangent des agneaux. Je ne veux pas faire peur en disant, voilà, il faut avoir le coeur accroché, cela reste du vivant, il peut y avoir des morts, j’peux avoir demain, un agneau mort, sans explication. On travaille avec du vivant, donc oui, il y a des avantages, mais aussi des inconvénients. Il y a aussi l’inconvénient d’avoir des animaux qui fuguent. On peut aussi avoir les sangliers qui défoncent les clôtures mobiles par exemple, ça peut arriver. Ce que je trouve passionnant avec les animaux, c’est qu’on peut aller très loin dans la recherche, voir les effets agronomiques qu’il peut y avoir sur la terre…

VC – On le disait, contrat de 9 ans avec la Communauté de Communes du Pays Fléchois, c’est plutôt un bon démarrage pour votre activité. Mais votre objectif n’est pas de travailler, uniquement, avec cette communauté de communes, vous souhaitez peut-être vous développer sur des secteurs géographiques voisins, et peut-être vous adresser à des entreprises, certaines ont des grandes parcelles qu’elles entretiennent de façon mécanique ou même des particuliers qui ont des terrains ou qui ont du mal à entretenir, vous pourrez intervenir dans ces domaines-là ?

PG – Tout a fait, mon activité s’articule autour de trois types de clientèles, à savoir les collectivités et associations (que je mets dans le même “panier”), les particuliers (des châteaux, ceux qui ont des grandes surfaces, des manoirs, ou des personnes qui ont deux à trois hectares à entretenir, qui ne trouvent pas le temps de le faire et la présence d’animaux leur faire du bien). La surface minimum pour un particulier, c’est quand même 3000 à 4000 mètres carrés, de façons à ce que ce soit intéressant. Je m’adresse également aux entreprises. J’alerte les entreprises parce qu’elles sont de plus en plus nombreuses à faire appel à des sociétés de paysagistes. Il faut savoir quand même que l’éco-pâturage reste très compétitif par rapport à ce genre de solution. Tout en ayant un objectif social important. Les salariés vont être curieux de voir comment ça se passe (même s’ils n’aiment pas les animaux). C’est moins bruyant, c’est plus joli et ça s’intègre parfaitement dans nos paysages et nos bocages sarthois.

VC – L’éco-pâturage est une de vos activités, il y en a deux autres, une qui est plus de l’élevage pour la consommation de viande et l’autre c’est de l’animation, de la sensibilisation principalement auprès des plus jeunes.

PG – Tout a fait, je propose de l’élevage avec une seule race que j’ai, la Landes de Bretagne, une race rustique, que l’on trouve pas beaucoup dans le commerce malheureusement, mais c’est une race où la viande est excellente et je vous invite vraiment à aller la goûter. Je propose aussi des animations qui sont prévues pour le second semestre 2023, avec des écoles, des communes. Je pense à des petites transhumances où on déplace le troupeau à pied, d’une parcelle A à une parcelle B, et ça les communes y sont extrêmement réceptives. Vraiment, je suis très content de ça.

Dans les autres animations, ça peut être la tonte, la sensibilisation “comment approcher un animal ?”, “comment lui parler ?”, etc.. Je pense aux poneys, parfois, qu’on voit beaucoup dans nos campagnes, mais des enfants qui ne savent pas comment s’en approcher, ou ceux issus de la ville qui ne connaissent pas forcément le monde campagnard. Ce sont des petites animations comme ça, que je propose, qui seront réalisées avec ma compagne qui est monitrice éducatrice.

VC – Des envies de développement, évidemment, vous démarrez juste, il faut y aller prudemment. Mais les idées sont là.

PG – Les idées sont là, mais surtout, j’ai un objectif dans ma tête, c’est d’y aller étape par étape. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de faire le portage d’activité avec la CIAP. C’est elle qui héberge mon activité, je ne suis pas installé en nom propre. J’utilise leur numéro de SIRET, c’est eux qui font les crédits en mon nom (bien sûr, il y a un plafond qui est limité). L’idée est de pouvoir consolider la base de clients que j’ai, pour ensuite m’installer.

VC – Pierre Giroux, autre chose à ajouter sur Ecopattes ?

PG – J’aimerai alerter sur le fait que voir des animaux, c’est très bien, mais il faut aussi les respecter, et c’est très important. Je pense aux enfants qui sont tout contents, tout foufous, qui vont crier peut-être. Les animaux, les moutons en l’occurence et les chèvres, ça reste des animaux qui aiment le calme et la tranquillité et vous aurez beaucoup plus de chance de les approcher, sans leur parler, ni les toucher, juste en les regardant et en restant calme. Il n’y a pas besoin de crier ou autre !

VC – Vos coordonnées pour terminer cette émission, pour une entreprise, une collectivité, qui a envie de faire appel à vous, on fait comment ?

PG – Alors, on peut me contacter via l’adresse mail contact[@]ecopattes.fr, on peut aussi me contacter sur le site ecopattes.fr tout simplement, sinon, Ecopattes sur Intstagram et sur Facebook, où il n’y a pas de soucis, on peut me contacter sans problème. Je ne mets pas mon numéro de téléphone, étant malentendant, je préfère procéder de cette façon-là.

VC – Merci de m’avoir accueillie au milieu de votre troupeau, et bonne chance pour votre entreprise Ecopattes, avec un S !

PG – Je vous remercie beaucoup, et vous pourrez revenir quand vous voulez.

VC – Christophe LIBERT, vous êtes le maire de La Fontaine Saint-Martin, vous avez fait appel aux services de Pierre Giroux, pour quelles raisons en fait ?

Christophe LIBERT (CL) – C’est un projet qui remonte au mandat précédent, on voulait aménager nos parcs avec des moutons, avec le programme TEN, Territoires Engagés pour la Nature, on pensait le faire nous-mêmes, mais notre chargée de mission TEN a trouvé Pierre pour mettre des moutons sur nos parcelles qui étaient vacantes.

VC – Les moutons sur quelles parcelles ? Constructibles ?

CL – En fait, la moitié de la parcelle est constructible, deux hectares constructibles et deux autres hectares non constructibles. Le projet prend un peu de temps, donc on peut mettre des moutons avant de voir des maisons sur ces terrains.

VC – C’est un contrat signé pour une longue période avec plusieurs communes du Pays Fléchois dont vous faites partie.

CL – Il y a Oizé, La Fontaine, La Flèche, Clermont-Créans, pour l’instant, Ligron aussi. On n’a pas donné toutes les parcelles, on en a gardé une partie pour mettre une dizaine de moutons.

VC – Quels avantages voyez-vous dans cette prestation ?

CL – Déjà, je ne vois pas de tracteur qui va tondre toutes les cinq minutes, donc la parcelle sera propre par les moutons. La parcelle à côté de l’école, c’est pour entretenir un peu plus et les agents puissent bénéficier de ce temps gagné.

VC – En parallèle, des animations peuvent être proposées, aussi par Pierre Giroux, de la sensibilisation aussi.

CL – Pierre n’a pas encore commencé, mais il va mettre ça en place avec l’école. Pendant un jour de grève, les enfants sont venus voir les moutons. A la sortie de l’école, on voit des enfants avec leurs parents qui montent jusqu’aux moutons quand il fait beau bien sûr pour profiter des animaux qui sont sur la commune.

VC – Donc, un avantage 100% écolo on va dire, c’est dans l’air du temps comme vous disiez, les tracteurs ne sont pas présents, moins de bruit, moins de pollution, moins de carburant utilisé. c’est 100% naturel.

CL – Les agents communaux n’ont plus ces parcelles-là à entretenir, même si on les laissait un peu en jachère, et pendant ce temps-là ils peuvent faire de la peinture ou rénover une petite maison que l’on fait pour les associations.

VC – Donc là, c’est un début, mais vous en êtes plutôt satisfait pour commencer ce partenariat ?

CL – Ca fait un bon mois que les moutons sont là et les poneys aussi sont là, le terrain n’avait pas été tondu depuis le comice. Les moutons font bien leur travail et ils travaillent encore aujourd’hui.

VC – Pour joindre Pierre Giroux et son entreprise Ecopattes, adressez un mail à contact[@]ecopattes.fr ou sur la page Facebook E-C-O-P-A-T-T-E-S.